Côte d’Ivoire : l’élection de tous les dangers

Le bon élève du continent africain sur le plan économique (première puissance économique d’Afrique de l’Ouest) peine à mettre en ordre sa vie politique. Le climat s’est encore tendu depuis l’éviction (exclusion, rejet) des candidatures de Guillaume Soro et de Laurent Gbagbo au scrutin du 31 octobre 2020. L’élection présidentielle ivoirienne de 2020 apparaît de nouveau comme un moment à haut risque.
A un peu moins d’un mois de l’élection présidentielle ivoirienne de 2020, le pays est sous haute tension. Il y a douze ans, la crise née du scrutin de 2012, après le refus de Gbagbo Laurent de reconnaître son échec face à Ouattara Alassane, avait fait plus de 4 500 morts. L’annonce de la candidature du chef de l’Etat sortant Ouattara Alassane (ADO : 79 ans dont neuf ans au pouvoir) a fait une vingtaine de morts en juillet. Il est important de rappeler que ce dernier avait promis en avril dernier de ne pas briguer de 3e mandat. Mais la mort soudaine d’Amadou Gon Coulibaly, son Premier ministre et son dauphin, en juin a rebattu les cartes. La Constitution limite à 2 le nombre de mandats présidentiels. Mais la nouvelle constitution de 2017 a remis tous les compteurs à 0. Une interprétation contestée par le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Front Populaire Ivoirien (FPI), principales formations d’opposition. Abidjan reste toutefois juridiquement lié à ses décisions.
Il est important de rappeler que ‘depuis l’arrivée d’ADO au pouvoir, la Côte d’Ivoire a assuré une croissance de 9. 2 % , faisant d’elle l’un des meilleurs élèves du continent africain’.

Laurent Gbagbo doit réintégrer la course à la présidentielle ivoirienne de 2020, selon la Cour africaine

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) désavoue une nouvelle fois l’Etat ivoirien en lui ordonnant ce mardi 29 septembre 2020 de permettre à Gbagbo Laurent (ancien président et ex-chef rebelle) de réintégrer la liste électorale de la présidentielle 2020 en Côte d’ivoire. La CADHP demande une suspension de sa condamnation.
C’est un nouveau revers. Il y a deux semaines, celle-ci avait déjà fait de même pour la candidature de Soro Guillaume (ancien Premier ministre), écarté lui également par la Commission électorale indépendante (CEI). Dans son jugement, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ordonne à la Côte d’Ivoire de prendre toutes les dispositions essentielles pour enlever tous les obstacles qui empêchent, entre autres, le requérant de s’enregistrer sur les listes électorales.